You’d better look twice!: Annexation and De/Colonization of the Gaze in Jordan Peele’s ‛Get Out’ (2017)
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Résumé
Dans ses deux premières fictions, Get Out (2017) et Us (2019), Jordan Peele invite le spectateur à interroger la façon dont les nouvelles voies de l’horreur réinvestissent, à travers le traitement des images et des corps, l’articulation et l’opposition entre le vu et le non-vu, le voir et le savoir dans une économie narrative qui déjoue les attentes propres au genre. Get Out renouvelle les figures et les formes du discours horrifique en dévoilant l’horreur intériorisée de nos sociétés contemporaines. En proposant de nous ressaisir des représentations qui nous entourent par le décentrement du regard et de remplacer l’aberration horrifique par une horreur indexée sur le monde réel et ancrée dans un temps mémoriel, Get Out parvient non seulement à revitaliser le genre horrifique mais aussi à revisiter l’histoire (notamment hollywoodienne) de nos représentations. Cet essai montrera comment Get Out met en scène toute une série d’images, notamment des stéréotypes et clichés (photographiques et stylistiques) afin d’interroger notre regard biaisé par un habitus qui n’est plus régi que par des opérations mentales inconscientes. Dans le film, la mise en lumière de l’idéologie qui sous-tend l’expression ordinaire du racisme états-unien repose non seulement sur l’examen des représentations de l’altérité véhiculées par cette société, mais aussi sur la colonisation du regard qui résulte de l’interdépendance entre le visible, le vu, la vision et l’objectif à travers lequel nous considérons le monde.
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