Lee Haven Jones, The Feast (2021): A Tale of Retaliation

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Céline Cregut
https://orcid.org/0009-0008-5068-4910

Résumé

Le film The Feast, écrit et réalisé par Lee Haven Jones et sorti en 2021, pourrait être considéré comme un simple conte de sorcière parmi tant d’autres si ce n’était son atmosphère contemplative et ses références plus ou moins explicites à une nature idéalisée et intacte mais vengeresse. L’intrusion d’une sorcière chez une famille élégante alors que cette dernière tient un dîner mondain amorce la vengeance d’une terre profanée et exploitée par le monde moderne et l’industrialisation. La vengeance de la sorcière (et, à travers elle, de la terre) est traduite dans le film par de ponctuels paroxysmes de violence physique subis par les membres de la famille, paroxysmes d’autant plus saisissants que l’atmosphère générale du film relève d’une esthétique du silence et de la contemplation morbide des relations extrêmement toxiques entre ces protagonistes. Punis par la sorcière pour leurs péchés respectifs, quand bien même cette dernière semble combler (certes, d’une manière horriblement détournée) leurs failles et manquements individuels, les membres de la famille sont tués un par un, dans ce qui est dépeint non pas comme un enchaînement d’attaques injustifiées, mais comme la vengeance légitime d’un passé renié. Ce passé, ici, est symbolisé par la terre sur laquelle la maison familiale fut construite autant que par la sorcière elle-même. Le fait que le film, produit par Sianel 4 Cymru, soit dans son entièreté en gallois, une langue menacée d’extinction à l’époque de la mondialisation, peut ainsi être compris, à un autre niveau, comme un appel à la résistance culturelle. Cet article se propose d’analyser les dynamiques de dualité qui sous-tendent The Feast, depuis le jeu d’alternance et de confusion entre passé et présent jusqu’aux contrastes esthétiques et narratifs entre plages contemplatives et paroxysmes d’extrême violence. Je m’attacherai aussi à étudier la manière dont le film s’appuie en réalité sur la complexification de ces dualismes et évite ainsi la caractérisation simpliste des personnages, ce qui ouvre vers une possible interprétation de la destruction finale de la famille comme vengeance légitime.

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Comment citer
Cregut, C. (2024). Lee Haven Jones, The Feast (2021): A Tale of Retaliation. Imaginaires, (27), 103-121. https://doi.org/10.34929/imaginaires.vi27.64
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